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Cendre blanche ou noire : ce que la science révèle

Une étude canadienne évaluée par les pairs examine les facteurs qui influencent l’apparence des cendres de cannabis et remet certaines croyances populaires en perspective.
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Dans l’univers du cannabis, la couleur des cendres alimente depuis longtemps les discussions. Une cendre blanche serait-elle nécessairement un signe de meilleure qualité? Une cendre foncée indiquerait-elle un mauvais séchage, une humidité inadéquate ou la présence de nutriments résiduels?

Pour dépasser les impressions et mieux comprendre les mécanismes en jeu, une équipe de recherche réunissant l’Université McGill, Origine Nature et High North Laboratories a étudié l’effet de plusieurs variables sur les propriétés des cendres de cannabis. Les résultats ont été publiés en 2026 dans la revue scientifique Canadian Biosystems Engineering.

Le principal constat : dans les conditions étudiées, la température de combustion a eu une influence importante sur la couleur des cendres, tandis que l’activité de l’eau et la taille des particules n’ont pas eu d’effet significatif sur leur couleur pour les échantillons séchés.

Pourquoi étudier la couleur des cendres?

La couleur des cendres est parfois utilisée de façon informelle comme indicateur de qualité. Pourtant, les données scientifiques permettant d’établir clairement ce lien demeurent limitées.

L’objectif de l’étude était donc de déterminer si les facteurs suivants pouvaient influencer les propriétés et l’apparence des cendres :

  • le cultivar;
  • l’activité de l’eau et la teneur en humidité;
  • la composition élémentaire de la biomasse;
  • la teneur en chlorophylle;
  • la température de calcination;
  • la taille des particules;
  • la quantité de biomasse placée dans un préroulé.

Comment l’étude a-t-elle été réalisée?

Les chercheurs ont utilisé deux cultivars, Sage N’ Sour et Medellin, cultivés dans les mêmes conditions intérieures et avec le même régime de fertilisation chez Origine Nature, à Sainte-Agathe-des-Monts.

Les échantillons ont été analysés à différents niveaux d’activité de l’eau. Ils ont ensuite été soumis à cinq températures de calcination :

  • 200 °C;
  • 400 °C;
  • 600 °C;
  • 800 °C;
  • 1 000 °C.

Les chercheurs ont également comparé trois tailles de particules et différentes masses de cannabis dans des cônes de même volume, soit 0,5 g, 1 g et 1,5 g.

La température influence fortement la couleur des cendres

Les analyses ont montré que les échantillons soumis à une température inférieure à 400 °C produisaient des cendres noires, indépendamment de leur activité de l’eau. À mesure que la température augmentait, les cendres passaient du noir au gris foncé, puis au gris ou au gris pâle :

  • 200 °C : cendres noires associées à une combustion incomplète;
  • 400 °C : cendres gris foncé;
  • 600, 800 et 1 000 °C : cendres grises ou gris pâle.

Dans le cadre de cette expérience, les résultats indiquent donc que la couleur des cendres reflète fortement les conditions de combustion. Une cendre noire peut notamment être liée à une combustion incomplète plutôt qu’à la qualité générale de la biomasse.

L’activité de l’eau n’a pas déterminé la couleur des cendres séchées

L’activité de l’eau est un paramètre important dans le séchage, la stabilité et la conservation du cannabis. Les chercheurs ont toutefois observé que, parmi les échantillons séchés, les différences d’activité de l’eau n’avaient pas d’influence significative sur la couleur des cendres à une même température de calcination.

Autrement dit, dans les conditions précises de cette étude, une biomasse plus sèche ne produisait pas automatiquement une cendre plus blanche.

La taille des particules n’a pas changé l’apparence des cendres

Les échantillons ont été préparés selon trois granulométries : grossière, moyenne et fine. Lorsqu’ils ont été chauffés à 600 °C pendant quatre heures, les deux cultivars ont produit une apparence grise comparable.

Les analyses n’ont pas montré de différence significative de l’indice de blancheur en fonction de la taille des particules.

La densité d’un préroulé peut affecter sa combustion

L’étude a également examiné l’effet de la quantité de biomasse placée dans des cônes de même volume. L’augmentation de la masse de 0,5 g à 1,5 g a augmenté la densité du préroulé et réduit la circulation de l’air.

Dans le dispositif expérimental utilisé, le préroulé de 1,5 g a présenté :

  • une combustion plus inégale;
  • des cendres plus foncées;
  • une quantité de biomasse non brûlée plus importante.

Les auteurs concluent qu’une masse de 1 g dans le format de cône étudié permettait une combustion plus uniforme. Ce résultat doit être interprété selon les dimensions du cône et les conditions expérimentales utilisées, et non comme une règle universelle pour tous les préroulés.

Qu’en est-il des nutriments et de la chlorophylle?

Les concentrations des principaux éléments mesurés, notamment l’azote, le potassium, le calcium, le phosphore et le magnésium, étaient comparables entre les deux cultivars. Les chercheurs n’ont donc pas pu attribuer les différences d’apparence des cendres à ces macronutriments dans le cadre de l’étude.

Des observations comparables ont été faites pour la chlorophylle. L’étude n’établit cependant pas que la fertilisation ou le rinçage n’ont jamais d’effet sur les cendres. Elle indique plutôt que la composition élémentaire mesurée dans ces deux cultivars n’expliquait pas les propriétés observées. D’autres recherches seront nécessaires pour évaluer différents régimes de fertilisation et la composition élémentaire des cendres après combustion.

Ce que cette recherche permet de retenir

  • La température de combustion est un facteur déterminant de la couleur des cendres.
  • Une cendre noire peut résulter d’une combustion incomplète.
  • L’activité de l’eau n’a pas influencé significativement la couleur des cendres des échantillons séchés étudiés.
  • La taille des particules n’a pas influencé significativement la couleur des cendres à 600 °C.
  • Une densité trop élevée dans le cône expérimental a réduit la circulation de l’air et nui à l’uniformité de la combustion.

Faire progresser les connaissances sur le cannabis

Cette étude fournit une base scientifique pour mieux comprendre l’apparence des cendres de cannabis. Elle montre aussi pourquoi il faut être prudent lorsqu’un seul indice visuel est utilisé pour juger la qualité globale d’un produit.

Chez Origine Nature, nous croyons que l’avenir de l’industrie passe par une meilleure compréhension de la plante, par la collaboration et par des décisions appuyées sur des données. Nous sommes fiers d’avoir contribué à cette recherche aux côtés de l’Université McGill et de High North Laboratories.